Traces2015

Le-clapotis.net


2003 Çà soir



Prenons le temps de s’asseoir pour discuter ... Une autre manière d’appréhender la sculpture.

Les Chaises 4
Parking de Picoty

 
Jean-marc Dufour se définit comme un artiste curieux, curieux de ce qui arrive, au moment où cela arrive à nous gens ordinaires, dans tous lieux de nos vies ordinaires.

Car ce sont bien les gens, qu’il place au centre de sa pratique d’artiste et non par tel matériau ou médium élu entre tous, voire sacralisé par l’histoire de l’art.

Les Chaises 4 {JPEG} Les Chaises 2 {JPEG} Les Chaises 5 {JPEG} Les Chaises 6 {JPEG} Les Chaises 3 {JPEG} Les Chaises 1 {JPEG}

Ce qui ne signifie pas qu’il fasse fi de l’histoire de l’art.Il y reconait certaines de ses références. Qu’il s’agisse des sculpteurs baroques ou au XXème siècle, Calder, serra, trakas, Oppenheim, brancusi, Giacometti, Henry Laurens, Wilhelm Lehmbruck, son admiration va à des personnalités fortes, capables de mettre en question les notables et les institutions.

Cependant sa provocation à lui se veut discrète, de l’ordre d’une simple proposition comme par exemple : et si on prenait le temps de s’asseoir pour discuter ? Ainsi arrive-t-il à La Souterraine avec dix-huit chaises métalliques fabriquées et peintes par lui dans son atelier, à partir d’un modèle industriel, et qu’il installe à travers la ville par groupe de deux ou trois, nous invitant à prendre généreusement ce temps que nous avons si peur de perdre ou dont nous sommes si avares, mais aussi à nous asseoir (dans tous les sens du terme) sur l’œuvre d’art. Ainsi bien que discrète, la provocation est-elle double : mise en question des rythmes que nous imposent nos modes de vie et désacralisation de l’œuvre d’art. Signe-clin d’œil : l’emplacement des chaises est marqué au sol par les couleurs des plaques signalétiques d’interdiction de chantier, plaques que l’on est obligé de franchir pour aller s’asseoir.

A travers la ville : le point de départ de l’installation se situe délibérément à proximité des usines de la zone, témoignant d’un choix fort pour l’artiste et de sa familiarité avec les sites industriels.

Mais pour marquer son désir de ne privilégier aucun lieu, Jean-marc Dufour a pris le parti d’investier également les sites d’installations des autres artistes, postant ses chaises en vis à vis de l’œuvre de ces derniers,et les incluant ainsi dans le temps de l’échange proposé. La proposition inclut en elle-même l’éventualité de son ratage : çà et là une chaise présente un vide à la place du siège sur lequel il est apparemment impossible de s’asseoir et donc de discuter.

Et si on s’asseyait quand même.

Françoise Clédat

Liens : ici...

et là...